Pensées courtes et quelques convictions
Ici, je propose une série de citations rassemblées de manière libre, pour résumer les idées que je développe plus longuement dans mes articles. Il ne s’agit pas de proposer une pensée achevée ni de prétendre à une quelconque vérité définitive, mais plutôt de partager des pistes de réflexion.
Je n’ai évidemment pas la science infuse. Pourtant, je m'en voudrais de ne pas exprimer ce que je pense, avec les moyens qui sont les miens. Certaines pensées viennent de mes discussions avec des connaissances ou de mes lectures. Je n'invente pas, je rénove...
On ne visite pas la maison d'autrui avec ses propres clés
- J'aime utiliser cette métaphore pour illustrer le principe fondamental du respect des contextes et des codes d’autrui. En philosophie ou en sociologie, cette conviction renvoie à l’idée que chaque société, chaque culture, possède ses propres normes et logiques symboliques : l’approche de l’étranger ou de l’autre doit être médiée par la compréhension de ces règles, sinon elle risque d’être offensante.
La quête du gain facile fait exploser le taux de rendement des larmes.
- Ici, je veux mettre les plus jeunes en garde contre l’illusion des profits au détriment de la prudence, de la sécurité ou des valeurs humaines et de l’éthique. En Europe, on dit que ce qui se gagne facilement se perd facilement. Mais ce dicton a l'inconvénient de faire abstraction de la douleur et de l'état psychologique, physique ou matériel après la perte. Quand on gagne facilement 1 million que l'on dépense sans compter, on ne finit pas dans le même état que lorsque l'on avait pas 1 million. Psychologiquement et physiquement, on est détruit. C'est pour cela que je préfère mettre l'accent sur le taux de rendement des larmes et pas sur la facilité. Donc oui, ce qui ce gagne facilement se perd facilement, mais avec des larmes en plus.
Il faut enseigner dès aujourd'hui la diversité aux plus jeunes pour éviter demain, la vengeance aveugle des individus qui ont été dominés hier en même temps que la paranoïa des individus qui ont longuement dominé les autres.
J’ai forgé cette conviction au cours de mes recherches doctorales sur le postcolonialisme : l’éducation à la diversité, au respect et à l’empathie constitue un levier important pour rompre les cycles de vengeance et les préjugés hérités des rapports de force historiques. Pour autant, je m'interroge sur le fait qu’un jour des Africains pourraient exiger de l’Europe ou de l’Amérique des réparations pour l’esclavage. Je ne prétends pas juger si ce serait juste ou injuste ; ce qui m’interroge, ce sont les conditions et les intentions derrière une telle démarche si un jour, elle advenait; encore une fois, je ne suis pas sûr que l'on puisse y échapper. Si l’objectif est d’empêcher que de telles violences ne se reproduisent, la portée est très différente de celle d’une action motivée par la vengeance pure et simple.
Pour réaliser tes ambitions, évite les sages et va vers les les fous car il ne croient pas à l'impossible!
- Mon propre parcours m’a amené à cette conviction que j’ose qualifier de risquée : celle de privilégier la créativité et l’audace plutôt que la prudence excessive. Je crois que ce sont les petits pas qui tracent de nouveaux chemins. On ne peut pas avancer en se disant chaque jour, "personne n’a jamais fait ça, alors je le fais" ce serait pure folie. Mais rester figé dans ce que l’on connaît déjà, ce qui ne dérange personne, ce qui ne fait pas peur, ce qui n'engendre pas de question, ce qui rassure tout le temps, tout cela bride la créativité, et c’est bien dommage.
Ce qui n'existe pas, c'est ce que tu n'as pas encore vu.
- Une réflexion sur les limites de la perception et de la connaissance. En termes d'épistémologies constructivistes, c'est assez évident : ce que nous tenons pour inexistant est souvent simplement invisible à nos méthodes, à nos instruments ou à notre imagination actuelle. J'avoue que j'ai tendance à sortir cette phrase pour décrire la capacité humaine à détruire et à s'autodétruire. L'homme est tellement capable du pire que je me dis qu'il est capable du pire pire que je puisse imaginer. Donc, ce qui n'existe pas en termes de d'absurdité humaine, c'est ce que je n'ai pas encore vu. Autrement dit, l'être humain est capable de tout, du pire comme du meilleur. Si tu crois que la générosité n'existe pas, c'est juste parce que tu ne l'as pas encore vécue ; si tu crois que le racisme n'existe pas, c'est parce que tu n'y a pas encore été confronté... Tu peux donc dire : "je n'ai pas encore été confronté à la haine des slips en Irlande" mais pas "la slipopholie n'existe pas en Irlande".
Le lion et la panthère sont tous inoffensifs, en revanche, les poules et les canards sont des animaux très dangereux, disait un ver de terre à ses enfants.
- Il faut toujours relativiser les apparences et adopter un point de vue situatif. Dans une lecture anthropologique ou philosophique, le danger et la puissance sont contextuels et non absolus : ce qui semble faible peut être décisif selon le point de vue ou l’environnement.

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